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Carrefour veut sauver et commercialiser des semences de fruits et légumes paysans

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L’enseigne de distribution Carrefour s’engage pour remettre au goût du jour et dans ses rayons des fruits et légumes issus de semences paysannes qui sont interdites à la commercialisation.

Connaissez-vous les oignons roses d’Armorique, les artichauts Camus du Léon, les rhubarbes acidulées de Bretagne ? Non et pour cause. Un décret de 1981 bloque la commercialisation des semences de fruits et légumes de variétés paysannes. Des espèces qui pourtant depuis des siècles ont été sélectionnées pour leurs goûts, leur adaptation naturelle aux différents terroirs,…

Avec une pétition et des légumes issues de ces semences sur ces étals dans une quarantaine de magasins en Ile-de-France et en Bretagne, l’enseigne de grande distribution Carrefour se lance dans la réhabilitation de ces produits.

«Une loi qui favorise la standardisation»

«Les variétés paysannes sont des fruits et légumes issus de semences qui ne sont pas industrialisées. Ces semences ne figurent pas sur le catalogue officiel qui autorise leur vente car elles ne correspondent pas aux critères d’homogénéité d’une loi qui favorise la standardisation et ne défend pas assezla biodiversité», lance l’enseigne en ajoutant que 90% des variétés cultivables ont disparu en France au cours du XXe siècle. Cette homologation apporte une sécurité pour les consommateurs. Mais elle est coûteuse et dans les faits seuls les industriels peuvent se le permettre.

Et pourtant selon l’enseigne, «ces fruits et légumes pourraient nous apporter une alimentation riche en nutriments et en goût. Seulement l’agriculture intensive et la consommation de masse ont fait la part belle aux variétés qui assurent un meilleur rendement, qui sont plus résistantes aux transports et dépendantes des pesticides. Ainsi des fruits et légumes toujours plus standardisés ont pris le pas sur toutes les autres variétés.» 80% des fruits et légumes commercialisés proviennent de semences issues de l’agrochimie. 

Face à cela, la chaîne de grande distribution va proposer dès ce mercredi une dizaine de légumes issue de graines produites par les maraîchers même si en principe, la législation interdit aux agriculteurs de commercialiser ces produits car ces semences échappent aux circuits traditionnels et ne sont pas soumises à la taxe pour financer la recherche agronomique.

Des prix tirés vers le bas

En plein Etats généraux de l’alimentation, cette initiative de Carrefour peut surprendre alors que l’on retrouve comme chez ses concurrents des fruits et légumes importés de toute la planète à des prix tirés vers le bas.

«Quand Carrefour est venu nous voir, on était très méfiant, on pensait surtout qu’il voulait faire un coup de communication», a explique René Léa, agriculteur bio breton, président de Kaol Kozh, association pour la préservation de la biodiversité en ajoutant: «nous leur avons expliqué qu’on voulait un contrat sur le long terme et bien rémunéré car cultiver des semences paysannes coûte plus cher. Ils ont accepté toutes nos conditions !» Carrefour s’est engagé sur 5 ans avec ces maraîchers à travers une contractualisation sur des volumes et des prix concernant une dizaine de produits qui seront commercialisés au fil de la saison.

Par le biais de cette initiative, l’idée de l’enseigne est aussi de répondre à une demande croissante des consommateurs pour des produits bio, les circuits courts.

La Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) reste prudente. «Cela va relancer le débat sur les semences paysannes adaptées à chaque région, c’est positif», explique sa présidente en ajoutant: «Mais Carrefour reste un commerçant, on verra dans le long terme ce que donne ce partenariat avec les producteurs».

Source Le Parisien

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