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Discorde autour du projet d’implantation de sept éoliennes à Mailhac-sur-Benaize

Discorde autour du projet d’implantation de sept éoliennes à Mailhac-sur-Benaize.

 

Comme bien souvent, l’implantation d’éoliennes suscite des débats contradictoires. À Mailhac-sur-Benaize, l’association de défense du bois de Bouéry et la commune ou encore les propriétaires forestiers ne partagent pas le même point de vue.
Difficile de se positionner : bien sûr la destruction d’une forêt centenaire avec sa biodiversité et ses écosystèmes est une catastrophe écologique mais… le choix d’une municipalité ayant voté à la majorité pour ledit projet avec en ligne de mire le soutien aux énergies renouvelables au-delà de l’aspect financier se défend.

Concrètement, un projet de parc éolien mené par EDF En (la branche énergie d’EDF) est en cours d’étude à la Dreal pour installer sept éoliennes dans le bois de Bouéry.

2 ha ou 200 ha déboisés ? Au-delà de cet aspect factuel, deux visions s’opposent.

En premier lieu, l’association de défense du bois de Bouéry, juge cette opération aberrante. Elle avance plusieurs arguments. Selon elle, 200 hectares seront sacrifiés au nom du développement de l’énergie renouvelable, alors même que la basse Marche est une des zones les moins boisées de la région. « C’est une forêt ancienne, avec des bois de plus de 150 ans, qui est essentiellement constituée de feuillus. Elle est une réserve importante en biodiversité et pour les espèces protégées, tant les oiseaux que les chauves-souris. Dans le projet, ces éoliennes placées à la perpendiculaire vont créer un effet barrière qui favorise les collisions de ces oiseaux avec les pales ou un épuisement pour ceux qui ne pourront les contourner, explique Thierry Ménard, le trésorier de l’association. Deux sites classés aux monuments historiques pourraient être impactés : le dolmen de Bouéry et le camp de César ».

Pour l’association, son combat est péniblement audible, étant dans un discours et une démarche plutôt écologique, tout en étant néanmoins contre les éoliennes.

« EDF En n’a-t-elle pas pris la mesure de l’importance de ce bois ? », s’interroge Thierry Ménard. Pour l’heure, l’association a posé un recours auprès du préfet de la Haute-Vienne, qui a accordé le permis de construire en décembre dernier, arguant la biodiversité et l’écosystème, en accord avec les recommandations d’EUROBATS* ; l’existence d’un projet d’éoliennes à Saint-Georges-les-Landes et aux Grands-Chézeaux, à Arnac-la-Poste et Saint-Hilaire-la-Treille ; enfin l’étude acoustique n’aurait pas pris en compte le bruit que supporterait une maison située à moins de 500 mètres d’une éolienne. Suivant la réponse préfectorale, l’association pourrait ester devant le tribunal administratif.

« Les documents distribués par l’association sont remplis d’erreurs et le plan est erroné.»

GINETTE IMBERT (Maire de Mailhac-sur-Benaize)

Mais finalement, ces parcelles étant privées, qu’en est-il des propriétaires ? Apparemment d’aucuns auraient refusé la proposition d’EDF En, certains seraient en cours de réflexion et enfin, d’autres auraient accepté, sachant que trois éoliennes seraient implantées sur les terrains d’une même famille.

La mairie y est favorable

Et quid de la mairie, mise en cause par les opposants ? Agacée, Ginette Imbert, la maire de Mailhac-sur-Benaize, ne mâche pas ses mots : « Les documents distribués par l’association sont remplis d’erreurs et le plan est erroné. On ne passera pas dans les bois mais dans des allées et ce ne sont pas 200 hectares mais 2 hectares qui seront déboisés. La Dreal a réalisé de nombreuses enquêtes ».

Et de continuer : « Je n’ai évidemment pas forcé les propriétaires privés, qui sont totalement libres de leur décision ! La majorité de conseil municipal et moi personnellement sommes favorables aux énergies renouvelables, donc aux éoliennes, comme aux panneaux photovoltaïques d’ailleurs. La commune a besoin de vivre ! »

Quand on avance la justification financière, qui serait une ressource pour le budget communal, elle réplique : « Je ne travaille pas avec l’argent qu’on pourrait avoir dans trois ou quatre ans. D’ailleurs, à ce moment, je ne serais certainement plus maire ».

(*) EUROBATS est une convention internationale signée par la France en 1994, qui préconise que l’installation des éoliennes soit conforme aux besoins écologiques des populations de chauves-souris.

Source Anne-Marie Muia L’Eveil de la Haute-Loire

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